Le directeur général de la municipalité de Maricourt, Francis Larivière et le maire Jean-Luc Beauchemin ont tenu une conférence de presse mardi, afin de présenter leur projet révisé. Maxime Picard, La Tribune
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En décembre dernier, Maricourt se butait aux craintes de la population face à un projet d’achat de fermette au 1060 3e Rang, pour en faire un ensemble résidentiel. La municipalité revoit son approche afin de gagner la confiance des résidents du secteur en la viabilité du projet.

À la suite de la signature d’un registre par 95 personnes au sujet d’un emprunt de 1,5 million de dollars, Maricourt affirme avoir entendu les craintes des citoyens. Toujours convaincu de l’intérêt du projet, le conseil revoit sa séquence de réalisation en deux phases, afin de présenter une version plus «rassurante» à la population.

«Malgré les réserves exprimées, le conseil demeure convaincu que ce projet est viable et qu’avec quelques ajustements, nous parviendrons à convaincre la population», avance le maire Jean-Luc Beauchemin.

«Les préoccupations exprimées par les citoyens lorsque nous avons adopté le règlement d’emprunt nécessaire à l’achat concernaient surtout les impacts de la construction d’une nouvelle rue et de plusieurs nouvelles résidences», indique le maire. Son équipe s’est donc penchée sur une version du projet rentable sans la construction d’une rue, du moins, pour commencer.

Le maire ajoute: «Nous savons qu’il y a des milieux humides sur le terrain et nous sommes soucieux d’en assurer la protection dès la première phase du projet.»

Pour le moment, les terrains situés en bordure du 1er et 3e rang seraient mis en vente. La portion hachurée, au centre, serait réservée pour une seconde phase.

Projet révisé

Jean-Luc Beauchemin décrit la première phase projetée. «Elle consiste à mettre en vente une portion agricole d’une centaine d’acres, la maison déjà existante et 11 lots situés sur les 1er et 3e rangs.» Les lots résidentiels, d’une superficie d’un à deux acres, seront vendus entre 80 000 $ et 140 000 $, avec obligation de construire sous un horizon de trois ans. La terre agricole coûtera 750 000 $, et la maison existante sera mise en vente sur un terrain de deux acres au prix de 500 000 $.

Le directeur général de la municipalité, Francis Larivière, indique que le montant à emprunter passe à 1 250 000 $.

«Le règlement d’emprunt qui avait été présenté à la population à l’automne, d’un montant de 1 500 000 $ sera aboli. Nous avons repris le processus depuis le début et l’estimation des coûts du projet a été revue à la baisse.»

Il précise que 1 250 000 $ serviront à l’achat de la propriété, et que 50 000 $ sont destinés à couvrir les frais de notaire, biologiste et arpentage. Au sortir de la première phase, le directeur entrevoit un profit de 1 087 500 $.

Le montage financier présenté par le directeur général Francis Larivière, pour la première phase du projet.

 

Confiants en la vente

Francis Larivière ajoute: «Le mode de financement sera modifié pour correspondre à la réalité. Ce sont les revenus de la vente des terrains qui vont rembourser l’emprunt et non pas le fonds général de la taxation.» Il affirme que le prêt devrait se rembourser rapidement.

Selon le maire Jean-Luc Beauchemin, «On a déjà des acheteurs en attente pour la ferme et la maison, et il y a de la demande pour les terrains. Il y a beaucoup de demandes dans le secteur, on n’a pas à s’inquiéter. […] BRP recherche à placer ses employés.» Il ajoute que les municipalités voisines n’ont pratiquement plus de terrains disponibles, ce qui diminue la concurrence potentielle.

Une rue ou un espace vert

En ce qui concerne la portion centrale du terrain à développer dans une seconde phase, d’un potentiel d’une vingtaine de lots, le maire indique que la population ne sera contrainte à rien pour l’instant. «La phase deux devra être soumise à la population, étant donné les investissements requis pour la construction de la rue et l’intégration du projet au règlement d’urbanisme. […] Advenant le refus de la population, le terrain demeurera tel quel et pourrait constituer un espace naturel au cœur de notre village.»

«Pas stressé, mais anxieux»

Le maire Jean-Luc Beauchemin estime que «la première phase du projet est rentable, profitable et durable. Le montage financier qui se base sur les prix de vente à Maricourt démontre qu’il suffit de vendre l’immeuble agricole et la résidence unifamiliale déjà construite pour rembourser la totalité de l’emprunt.»

Selon lui, il est temps d’agir pour assurer l’autonomie financière à long terme de sa municipalité de 494 habitants. «On sait que les défis se multiplieront au cours des prochaines années, parce que les infrastructures publiques vieillissent et les coûts de construction augmentent plus rapidement que l’IPC (indice des prix à la consommation). La principale source de revenus provient de la taxe foncière. […] En achetant ce terrain, la municipalité s’assure d’avoir le contrôle de son développement et de maximiser ses retombées économiques à moyen et long terme.»

Le maire ajoute que si Maricourt ne fait pas l’acquisition du terrain, d’autres souhaitent le faire et exécuter le même plan. «Je ne veux pas le présenter comme une menace, mais de toute façon, ça va se construire pareil. Alors j’espère que les sous reviennent à la municipalité. Il y a deux acheteurs intéressés à faire le travail. Je ne suis pas stressé, mais anxieux quand même.»

Maricourt rencontre sa population mardi soir afin de présenter les détails du projet.

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